0
Posted 12 octobre 2012 by admin in Articles
 
 

Renaitre au desir

Desir – Notre époque vante le règne de la jouissance extrême. Les pratiques sexuelles hier considérées comme hors normes, s’exposent aujourd’hui au grand jour ; les clubs spécialisés ont pignon sur rue, les « sex toys » et autres gadgets érotiques agrémentent le quotidien de certains et s’étalent même dans des vitrines chics de St Germain, même nos boîtes e-mails sont saturées de messages intempestifs à caractère sexuel.

Cette surexposition avec l’obligation impérative d’assurer un parcours de plus en plus compétitif est forcément génératrice d’angoisse car entre le discours médiatique et notre vie sexuelle, il y a souvent un grand décalage. C’est précisément cette escalade de la jouissance qui empêche la relation sexuelle de s’épanouir pleinement. Quand le mental est aux commandes, il bride le corps et les émotions.

«C’est toujours la première fois quand ta robe en passant me touche »
Louis Aragon à Elsa

Aussi, de plus en plus d’hommes et de femmes de tous âges confient leur inquiétude et leurs problèmes en consultation. Des aveux d’incompréhension ou d’impuissance sont fréquents : certains, à la jouissance rare et laborieuse, déplorent leur absence de libido, d’autres font état de leur pénurie sexuelle, d’autres encore, en dévoilant une liaison secrète, évoquent leur plaisir entravé par la culpabilité.

desir-sophrologie

Renaitre au Désir

Les femmes se plaignent d’absence de désirs, de frigidité, de vaginisme, d’anorgasmie, de douleurs, signant souvent le refus d’une relation où l’on se sent mal aimée, incomprise, non reconnue. Les hommes eux, évoquent le stress, les soucis ou les conflits conjugaux, autant de facteurs responsables de leurs érections instables.

Il est vrai que les tracas quotidiens sont de nature à démobiliser l’appétit sexuel ; lorsqu’on est acculé à partager le quotidien routinier avec son lot de soucis, le désir a quelques difficultés à se frayer une place.

Trop souvent le silence, la gêne, l’incompréhension, les frustrations s’accumulent et freinent nos élans. Méconnaissance de son corps, et de celui de l’autre, mésentente conjugale, traumatisme ancien, honte, les blocages affectifs et psychologiques sont légion. Si certains se résignent à voir déserter le désir, d’autres décident de réagir..

Il suffit quelquefois de se poser pour prendre le temps de la réflexion, sur soi, sur son couple et sortir à tout prix de la quête de la performance en libérant ses émotions. Parfois, une simple information ou quelques entretiens permettent de dénouer le problème.

Hommes et femmes, des désirs différents

Fragile et complexe, le désir se décline en une variété de nuances. C’est précisément parce que leurs corps et leurs jouissances ne sont pas identiques que l’homme et la femme éprouvent quelques difficultés à accorder l’acte sexuel, mais c’est aussi à cause de leurs différences que l’un et l’autre s’attisent.

« Les hommes ont besoin de faire l’amour pour se sentir bien alors que les femmes ont besoin de se sentir bien pour faire l’amour. » écrit Sylvain Mimoun*, c’est dire combien est subtile l’alchimie entre les deux sexes. Le couple est une combinaison de désirs et de manières d’aimer.

Sans conscience de ce qui se joue dans la relation, à savoir la différence avec l’autre, on se condamne à répéter éternellement le même scénario sans faire évoluer son désir et son plaisir.

Si l’orgasme est une réponse physiologique à une série de stimuli, la jouissance, elle, est un état qui nécessite disponibilité, capacité d’abandon de soi et confiance absolue en l’autre.

Pour une femme, l’orgasme est complexe. Elle a besoin d’intimité émotionnelle, de tendresse, de préliminaires ; elle se donne entièrement et doit, pour cela, se sentir prête aussi bien mentalement que physiologiquement. Chez l’homme, l’érection est suffisante pour qu’il y ait un rapport sexuel, il est capable de cliver amour et désir.

Pour lui, l’excitation due à un contexte sans stress où il peut se lâcher est une condition essentielle de confort mais aussi d’intensité de plaisir.

L’éveil sexuel masculin passe par la vue : un décolleté, des formes voluptueuses, une jupe moulante, vont attiser le désir. L’éveil de la sexualité féminine naît plutôt par l’ouie et le toucher. Une femme a besoin de se sentir personnellement convoitée pour désirer. Les uns sont sensuels, les autres cérébrales, quelques-uns aiment les mots crus, d’autres affectionnent plutôt des paroles tendres, l’intimité trouvée dans la parole leur procure une intensité de plaisir. Cette asymétrie est justement ce qui constitue la richesse des rapports amoureux.

Mais entre les désirs de l’un et les attentes de l’autre, le couple a parfois du mal à trouver un terrain d’entente harmonieux.

Désir sous influence

Lire la suite sur : http://www.michelefreud.com/chronique-renaitre-au-desir-150.html L’article a été lu : (271)