Osez, tout simplement !
Timidite – Transpiration excessive, gorge serrée, estomac noué, rougeurs diffuses, autant de symptômes que les timides expérimentent au quotidien.
Le petit « Robert » définit la timidité comme une gêne, une gaucherie qui se traduit par un manque d’aisance et d’assurance en société. Etre timide, c’est avoir peur des autres, en particulier des personnes qui, pour une raison ou pour une autre, représentent une menace émotionnelle. Près de 80 % des timides révèlent leur aversion à prendre la parole en public, d’autres éludent toute rencontre ou restent figés dans l’immobilisme, incapables d’une quelconque initiative. Il y a aussi ceux dont l’anxiété est telle qu’elle leur fait perdre tous leurs moyens ; lorsqu’elle atteint son paroxysme, elle génère de véritables crises d’angoisse.
Bernard Fontenelle
Pourquoi est-on timide ?
Osez, tout simplement !
‘après les psychanalystes, la timidité serait une manifestation résultant de conflits inconscients réprimés au fond du psychisme. Parmi eux, figure le désir oedipien de l’enfant qui voudrait que sa mère n’aime que lui, à l’exclusion de toute autre personne, y compris le père.
Certains mettent l’accent sur la problématique du processus d’attachement et de séparation. Si la séparation est prématurée, si la mère ne remplit pas sa fonction protectrice, ou au contraire si elle est trop étouffante, le traumatisme qui en résulte peut se traduire, entre autres, par une timidité excessive.
La timidité se révèle plus particulièrement à certains stades du développement de l’enfant. Il y est confronté entre 6 mois et un an, notamment à la période que l’on appelle « l’angoisse du 8e mois », celle où le bébé ressent de la peur face à ce qui est étranger aux figures qui peuplent son environnement quotidien.
Cette étape correspond à la prise de conscience progressive de son identité distincte des personnes qui lui sont familières.
Il est aussi habituel de voir apparaître des phases de timidité entre 3 et 6 ans, lorsque l’enfant est tiraillé entre son désir de relation privilégiée avec sa mère et l’envie de plaire et de séduire d’autres personnes, avec la crainte que ces désirs nouveaux ne lui fassent perdre l’amour maternel.
L’adolescence est un moment privilégié d’expression de la timidité, elle vient exacerber l’ambivalence des sentiments ainsi que les désirs de séduction et de pouvoir. La sexualisation du corps renforce les craintes, elle contribue à une implication particulière du corps qui se traduit notamment par le fait de rougir, témoignage de sa faillite à maîtriser ses émotions.
Nombreux travaux ont démontré que l’ordre d’apparition d’un enfant dans la famille (le rang de naissance) influait également. Les parents, souvent très anxieux ou trop attentifs à l’égard de la santé et de l’avenir de leur aîné, nourrissent pour celui-ci un degré d’exigence élevé. Avec le temps et l’expérience, ils sont plus flexibles avec leurs autres enfants ; le cadet est d’ailleurs décrit comme nettement moins timide que l’aîné.
Pour réussir, cet aîné travaille avec acharnement afin de prouver sa valeur personnelle car il se persuade que l’amour des adultes dépend de ses performances. Si ses résultats ne sont pas satisfaisants, sa timidité risque de s’amplifier et se traduire par un sentiment d’infériorité et une mauvaise estime de soi.
Les timides et leurs comportements
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