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Posted 15 octobre 2012 by admin in Articles
 
 

Sachons reconnaitre notre besoin de solitude

Besoin Solitude – S’étourdissant dans des activités multiples, certains remplissent compulsivement leurs journées et leur agendas afin d’éliminer la moindre minute de battement, le moindre vide. A force de se noyer dans un activisme incessant, ils courent à en perdre le souffle.

Dans cette agitation ambiante, ils se laissent envahir par toutes sortes de tourments qui, à la longue, finissent par les rendre malades, car à ce rythme, le corps s’épuise, les pensées se bousculent, s’embrouillent et se diluent.
Pour renforcer notre équilibre intérieur, nous ressourcer et écouter les messages que le corps nous envoie, nous aurions pourtant besoin de calme, de détente et de silence. Or, précisément, nous redoutons le silence, il nous renvoie à toutes nos peurs archaïques : celle de l’absence, de l’insécurité, du vide, du manque d’amour, d’où notre besoin de combler et de se remplir de l’Autre, de possessions, de travail, de nourriture, d’alcool et de substances diverses.

Revenons à l’enfance, à l’origine de nos peurs.

Durant ses premiers mois de vie, le bébé est entièrement soumis au « principe de plaisir » énoncé par S. Freud . Il vit en pleine fusion avec celle qui le nourrit et lui procure des soins, en l’occurrence sa mère. N’ayant pas clairement conscience d’une réalité extérieure, ses demandes étant satisfaites par la mère, il se trouve dans l’illusion de la toute-puissance. Peu à peu, au cours de sa maturation, l’enfant se confronte au « principe de réalité », aux premières frustrations, à l’attente, à l’absence.

Une seule chose est nécessaire : la solitude intérieure. Aller en soi même et ne rencontrer pendant des heures personnes, c’est cela qu’il faut parvenir.
Rainer Maria Rilke
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Sachons reconnaitre notre besoin de solitude

La mère « suffisamment bonne » est sensée jouer un rôle de régulateur interne, mais aussi externe. Tout en continuant à l’accompagner et à lui prodiguer amour et soins, elle lui apprend à se confronter à la séparation, à l’attente et à la frustration qui en découle. Pour supporter l’absence, l’enfant va devoir imaginer l’Objet affectif, le fantasmer, il utilisera « l’objet transitionnel » : doudou, ours en peluche, tétine etc.. Cette capacité fantasmatique lui offre en même temps la possibilité d’explorer son imaginaire.

Dans son processus d’individuation, pour se construire un moi autonome, l’enfant a besoin d’expérimenter cette force interne. Elle lui permet aussi de pallier le manque.
A défaut d’un accompagnement satisfaisant, (mère trop comblantes devançant toute demande et empêchant ainsi cette capacité d’exploration de vie intérieure, ou mère absente, peu affectueuse,) il sera dans une éternelle attente, souffrant de carences, cherchant à l’extérieur ce qui pourrait le satisfaire.

Ainsi, pour certains, le silence renvoie à l’angoisse, au vide, au manque et surtout à l’incapacité d’y faire face. Il nous faut nous rendre à l’évidence : nous ne parviendrons jamais à colmater cette béance toujours en nous et devons admettre que l’Autre ne comblera jamais tous nos besoins.

Faute de s’en convaincre, notre vie risque d’être une quête insatiable et illusoire. Nous ne pouvons échapper en effet à l’expérience de la solitude inhérente à notre condition. La capacité d’être seul nous apprend aussi à grandir, elle nous confronte certes à l’absence, mais aussi à la présence. Elle éveille en nous la possibilité de se nourrir d’une vie intérieure plus intense, d’explorer de nouvelles ressources et de se relier à soi.

Nous pouvons parvenir à transformer notre peur de la solitude en l’apprivoisant, en acceptant de se retrouver seul pour accueillir ses peurs, les comprendre et les dépasser. On y puise une grande force et on apprend alors à être bien avec soi, on acquiert une nouvelle liberté, celle qui permet de choisir d’être tranquillement avec soi-même.

Pour Carl Jung, la quête du « connais-toi toi-même » passe par le retrait en soi. Cette étape est bénéfique pour soi, mais aussi pour notre environnement car elle agit sur nos relations interpersonnelles et rejaillit sur toute notre existence.
De grands philosophes existentialistes et spiritualistes de Pascal, à Kierkegaard en passant par Rousseau et Vigny insistent sur l’importance de l’expérience de cet isolement. Jean Jacques Rousseau* préconise la rêverie qui lui assure d’avoir un moment à soi : «Je ressens un sentiment précieux de plénitude, de contentement et de paix dans ce calme. Chaque jour de ma vie me rappelle avec plaisir celui de la veille et je n’en désire point d’autre pour le lendemain. »

L’expérience du silence est trop souvent négligée dans ce monde qui sans cesse nous agresse. Dans cet environnement grouillant, elle apparaît de plus en plus comme une nécessité pour se recentrer.

Faire silence est une anti-dote pour mieux résister aux méfaits du stress.

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